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Vous envisagez de rénover votre maison ou votre appartement ancien ? Depuis le 10 avril 2026, de nouvelles règles encadrent beaucoup plus sévèrement l’exposition des travailleurs au plomb sur les chantiers. Rappelons que le plomb figure parmi les matériaux toxiques utilisés anciennement dans les immeubles bâtis, que ce soit au sein des peintures ou d’autres éléments de la construction. Toujours présent dans de nombreux immeubles bâtis, le plomb fait l’objet d’une extrême surveillance en raison de ses répercussions majeures sur la santé. Voici un aperçu de ce qui a changé récemment dans la gestion du risque plomb au travail.
Le 9 avril 2026, un décret en date du 8 avril 2026, relatif à la prévention des risques liés à l’exposition professionnelle à certains agents chimiques dangereux, est paru au Journal officiel, avec une entrée en vigueur dès le 10 avril 2026. Ce texte réglementaire, pris pour transposer la directive européenne 2024/869 relative aux valeurs limites pour le plomb et ses composés inorganiques et pour les diisocyanates, modifie les règles de prévention applicables aux travailleurs exposés au plomb dans le cadre de leur activité professionnelle.
La première révision concerne la valeur limite d’exposition professionnelle (VLEP) au plomb et à ses composés inorganiques, désormais fixée à 0,03 mg/m3 (fraction inhalable). Autrement dit, l’air respiré par un travailleur sur un chantier ne peut légalement contenir plus de 0,03 milligramme de plomb par mètre cube, sur une journée de travail de huit heures. Ce seuil s’accompagne d’une baisse de la valeur limite biologique, dite plombémie. Celle-ci ne doit plus dépasser 150 µg par litre de sang, contre 300 µg/L auparavant, sauf pour les travailleurs, dont la plombémie, qui doit être obligatoirement inférieure à 400µg/L, résulte d’une exposition antérieure au 10 avril 2026. Dans ce cas précis, des dispositions transitoires permettront une adaptation progressive à cette nouvelle norme et permettront à ces travailleurs de poursuivre leur activité. Toutefois, ce report provisoire ne pourra s’appliquer que si les personnes concernées font l’objet d’une surveillance constante qui atteste d’une baisse de la plombémie vers 300µg/L, et ce, jusqu’au 31 décembre 2028.
Par la suite, à compter de 2029, ne seront autorisés à poursuivre leur activité que les travailleurs dont la plombémie est inférieure à 300µg/L, qui font l’objet d’un contrôle biologique régulier démontrant une tendance à la baisse vers la valeur limite biologique de 150 µg/L imposée.
Dans les bâtiments anciens, le plomb se retrouve dans de nombreux matériaux, sous la forme de composants des peintures, revêtements, enduits, mastics, etc., ou sous sa forme métallique au sein des canalisations. Lors de travaux, les matériaux plombifères et le plomb métallique peuvent libérer des poussières de plomb s’ils font l’objet d’opérations destructives. En quelques minutes seulement, l’air dans l’environnement de travail peut atteindre des concentrations en plomb supérieures à la VLEP en vigueur.
Le diagnostic plomb avant travaux ou démolition, réalisé par un diagnostiqueur immobilier certifié, est la seule manière d’évaluer de manière objective et parfaitement lisible le risque plomb avant l’ouverture d’un chantier. À l’aide d’un détecteur à source radioactive, le professionnel certifié dans le domaine du plomb repère ce contaminant et mesure sa teneur. Il rapporte ensuite en détail les résultats de sa recherche et toutes ses consignes de sécurité au donneur d’ordre ou maître d’ouvrage des travaux. Le rapport de diagnostic plomb avant travaux ou avant démolition est ensuite transmis aux entreprises qui effectueront les travaux. Celles-ci en déduiront les précautions à prendre pour protéger leurs salariés, le voisinage et l’environnement. Le diagnostic plomb avant travaux ou démolition permet également au propriétaire responsable des travaux de démontrer qu’il s’est conformé à la réglementation plomb en vigueur, dont les normes de gestion de l’exposition des travailleurs sont désormais encore plus strictes.